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La formation des motocyclistes - facultative ou obligatoire ?

Systèmes de formation facultatifs / Les systèmes obligatoires / Le système facultatif est plus efficace

Les motocyclistes en Ontario et au Québec roulent sur leur moto dans des milieux similaires. Les deux provinces ont plus ou moins le même climat, la même saison de motocyclisme et le même nombre de motocyclettes immatriculées. L'Ontario compte 11,5 millions d'habitants et 106 419 motocyclettes immatriculées, tandis que le Québec a 7,5 millions d'habitants et 97 327 motocyclettes immatriculées.

Par contre, ces deux provinces ont adopté des approches bien différentes à l'immatriculation et à la formation des motocyclistes depuis le milieu des années 80. De 1985 à 1997, la formation des motocyclistes était obligatoire au Québec, mais pas en Ontario.

Systèmes de formation facultatifs

L'Ontario encourage les nouveaux motocyclistes à suivre un cours de formation en leur offrant des incitatifs pour l'obtention du permis, ainsi qu'un rabais sur leur prime d'assurance. Il s'agit d'une mesure qui vise à encourager les motocyclistes à conduire plus prudemment et habillement leur moto. Fait intéressant à noter, depuis cinq ans, le nombre de nouveaux motocyclistes titulaires d'un permis et le nombre d'inscriptions aux cours de formation ne cessent de s'accroître, et ce, même si le nombre de motocyclettes immatriculées reste plus ou moins inchangé.

Le système de formation facultatif de l'Ontario présente des avantages par rapport au système obligatoire du Québec.

  • L'appareil de contrôle de la qualité des écoles est moins lourd.
  • Les coûts de formation sont de 20 à 40 pour cent moins élevés.
  • Peu de motocyclistes essaient d'acheter un diplôme, puisque le certificat n'est pas nécessaire à l'obtention d'un permis de conduire.

Par contre, les systèmes de formation facultatifs présentent également des inconvénients :

  • Il faut compter sur une longue période de temps pour élaborer des programmes.
  • Compte tenu du faible nombre de motocyclistes, il est parfois difficile de desservir les régions éloignées.
  • Les investissements de capitaux se font peut-être plus rares en l'absence d'un marché captif.
  • Il y aura toujours des motocyclistes qui n'opteront pas pour la formation, quoique 85 pour cent des nouveaux motocyclistes en Ontario suivent le cours de formation En piste du Conseil canadien de la sécurité.

Les mesures législatives, comme les examens reconnus pour l'obtention d'un permis de conduire dispensés à des sites de formation en Ontario, ont eu pour effet de faire augmenter le nombre d'inscriptions aux cours de formation des motocyclistes. Les apprentis motocyclistes se disent également que le rabais sur leur prime d'assurance leur permet en quelque sorte d'économiser sur les frais du cours.

Le côté pratique et le coût, conjugués à un cours de formation des motocyclistes reconnu, sont les deux mesures qui incitent le plus les motocyclistes à suivre un cours de formation. Le grand nombre de motocyclistes formés y est pour quelque chose dans le faible taux de motocyclistes qui perdent la vie sur les routes en Ontario.

Les systèmes obligatoires

Au Québec, la formation devint obligatoire en 1985, puis facultative et sans incitatifs en 1997, puis à nouveau obligatoire en 2000.

Le système de formation obligatoire du Québec présente plusieurs avantages non négligeables :

  • Il permet d'abord et avant tout de sauver des vies. Fait intéressant à noter, le nombre de décès sur les routes a grimpé de 46 pour cent après que le Québec avait annulé la formation obligatoire en 1997, entraînant une chute du nombre de motocyclistes désireux de suivre un cours de conduite.
  • L'instauration et l'élaboration de programmes obligatoires se font plus rapidement.
  • Les cours obligatoires peuvent mieux rejoindre les régions éloignées.
  • Il est plus facile d'obtenir le financement privé nécessaire à l'achat de motos et d'équipement puisqu'il y a un marché captif.

Par contre, le système québécois présente également des inconvénients inhérents à la formation dispensée par l'État.

  • Les participants doivent débourser des frais plus élevés, parce que les écoles de conduite sont à « but lucratif ».
  • Plus de cas de fraude sont signalés, comme la vente de certificats de finissant.
  • On croit que le taux de délinquance (les motocyclistes sans permis de conduire) s'établit à 15 pour cent.
  • Étant donné que la formation est obligatoire, les nouveaux motocyclistes la considèrent simplement comme un moyen d'obtenir un permis, comme en témoigne la dégringolade du nombre de participants après l'annulation de la formation obligatoire.

La Société de l'assurance automobile du Québec ne peut consentir de rabais sur les primes d'assurance, étant donné que tous les apprentis motocyclistes débutants doivent suivre un cours de formation de motocyclistes.

Le système facultatif est plus efficace

Le système de formation facultatif de l'Ontario a obtenu de meilleurs résultats que le système obligatoire du Québec. Il nécessite moins d'intervention du gouvernement, est moins coûteux, donne une meilleure perspective sur la sécurité et a réduit le nombre de motocyclistes qui perdent la vie sur nos routes. Il semble que l'Ontario offre un meilleur modèle pour favoriser les inscriptions au cours de formation des motocyclistes à l'avenir.

L'expérience de nos voisins du Sud vient confirmer cette comparaison. Dans plusieurs États américains, la formation est obligatoire pour les jeunes motocyclistes, mais pas pour les motocyclistes d'un certain âge. Au cours des cinq dernières années, les décès chez les motocyclistes de 35 ans et plus ont augmenté de près de 60 pour cent aux États-Unis, tandis que le nombre de décès chez les jeunes motocyclistes s'est replié de 22 pour cent.

Source : Une présentation par Raynald Marchand du Conseil canadien de la sécurité, lors de la Conférence internationale sur les programmes de formation des motocyclistes, 1er au 4 mars 2001, Orlando (Floride).

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Prévention au Canada, juillet 2001
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