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Est-ce que les autobus scolaires devraient être dotés de ceintures de sécurité ?

Les autobus scolaires transportent chaque jour près de trois millions d'enfants et parcourront des millions de kilomètres dans les milieux rural et urbain. Une question se pose : Est-ce que nos enfants seraient plus en sécurité s'ils portaient une ceinture de sécurité ?

Selon des statistiques, l'autobus scolaire est le moyen de transport le plus sécuritaire pour les écoliers. Au cours des dix dernières années, un enfant en moyenne a péri à bord d'un autobus scolaire par année. Quant aux blessures, la plupart surviennent en dehors de l'autobus scolaire.

Les recherches démontrent qu'il n'y a aucun avantage au plan de la sécurité

L'idée de doter les autobus scolaires de ceintures de sécurité ne date pas d'aujourd'hui. Plusieurs recherches ont été réalisées en Amérique du Nord sur la question de savoir si l'installation de ceintures de sécurité améliorerait la sécurité à bord des autobus scolaires. Chose étonnante, aucune recherche n'a démontré qu'il y avait des bienfaits au plan de la sécurité. En fait, des essais de collision ont démontré que les ceintures de sécurité comporteraient plus d'inconvénients que d'avantages.

En 1984, Transports Canada avait effectué des essais de collision sur trois autobus scolaires de différentes tailles (un petit autobus, un autobus de type fourgonnette et un gros autobus), chacun doté de mannequins attachés et non attachés. Il est ressorti de ces essais que les mannequins portant une ceinture sous-abdominale et prenant place sur un siège faisant face vers l'avant étaient plus susceptibles de subir des blessures à la tête lors de collisions frontales sévères. Lors d'une collision frontale, soit la collision la plus fréquente impliquant un autobus scolaire, la tête de l'occupant risque de percuter contre le siège devant, causant des blessures graves ou mortelles à la tête et au cou.

D'autres études ont révélé que la combinaison de la ceinture sous-abdominale et du baudrier nécessite la présence de sièges plus rigides, ce qui augmenterait le nombre de blessures chez les écoliers non attachés. Qui plus est, les baudriers augmentent les risques de blessures abdominales. Les essais ont aussi démontré que les enfants glisseraient en dessous du baudrier, augmentant les risques de blessures aux organes que couvre le baudrier.

En 1986, Transports Canada conçut, fabriqua et mit à l'essai cinq sièges différents, chacun doté d'une ceinture de sécurité, dans le but de mieux protéger les passagers. Ce fut le siège orienté vers l'arrière qui procura le plus de protection lors de collisions frontales ou quasi-frontales. Lors d'une collision frontale, les forces d'impact sont réparties sur le dos de l'occupant faisant face vers l'arrière au lieu d'être réparties sur la tête. Toutefois, le mal des transports étant un inconvénient chez les sièges orientés vers l'arrière, on n'a pas l'intention de rendre ces sièges obligatoires.

En 1999, il est ressorti d'une étude réalisée par la commission américaine de la sécurité des transports que l'installation de ceintures de sécurité ne ferait que provoquer une hausse du nombre de traumatismes crâniens et de décès dans certains accidents. On y précise que les autobus scolaires fabriqués après 1977 misent sur l'espace restreint entre les bancs dotés de dossiers rembourrés, soit la compartimentalisation, et non sur les ceintures de sécurité pour assurer la protection des passagers. Étant donné que la ceinture de sécurité a pour effet de retenir fermement le bassin de l'enfant, le torse décrit le même mouvement qu'un coup de fouet et la tête heurte le dossier du siège ou un objet dur plus violemment que si le corps entier avait été projeté. Selon ce même organisme, les preuves étaient assez ambiguës pour qu'il ne recommande ni l'installation de ceintures de sécurité ni leur enlèvement.

Quoique l'installation de ceintures de sécurité soit obligatoire dans certains États américains, aucun État n'a heureusement répertorié un accident qui prouverait que les ceintures de sécurité à bord des autobus scolaires procureraient des bienfaits. Il n'existe aucune preuve scientifique voulant que la ceinture de sécurité sauve des vies.

Points de vue sur la question

Les ceintures de sécurité ont été conçues pour les voitures et ont sauvé de milliers de vies. Les autobus scolaires ont été conçus pour être sécuritaires (sans ceinture de sécurité). Ils ne sont donc pas construits comme des voitures. Les autobus étant beaucoup plus grands, plus hauts et plus lourds que les autres véhicules sur la route, ils ont un châssis séparé. Si on veut les doter de ceintures de sécurité pour accroître la sécurité des passagers, leur châssis devra être entièrement redessiné pour pouvoir y intégrer les ceintures de sécurité au stade de la conception.

Mis à part les problèmes d'ingénierie, il faut aussi s'assurer que les ceintures de sécurité sont utilisées correctement et bien réglées selon la taille de l'enfant et qu'elles sont réparées au besoin. Lors d'une situation d'urgence, la ceinture de sécurité pourrait constituer un obstacle lors de l'évacuation. Les jeunes enfants ne devraient pas se trouver dans une situation où ils doivent voir à leur propre sécurité.

Les normes réagissant les autobus scolaires varient d'un pays à l'autre. Au Canada, il existe près de 40 normes fédérales qui s'appliquent à la conception et à la construction d'autobus scolaires. Grâce à ces normes, les autobus scolaires canadiens constituent un moyen de transport extrêmement sûr. Quoique l'autobus scolaire ne soit pas doté de ceintures de sécurité comme le sont les véhicules de tourisme, il compte plusieurs dispositifs de sécurité passifs.

Le vrai problème de sécurité n'est pas la ceinture de sécurité, mais plutôt la réduction des services de transport scolaire. Sans autobus scolaires, un plus grand nombre d'enfants s'exposent à des risques lorsqu'ils se rendent à l'école à pied ou utilisent d'autres moyens de transport. À preuve, les piétons comptent pour près de 40 pour cent des décès sur la route chez les enfants de 5 à 9 ans. Il s'agit d'un sérieux problème auquel doivent s'attaquer ceux et celles ayant à c'ur la sécurité des enfants lorsqu'ils se rendent à l'école et retournent à la maison. Les experts affirment que les enfants sont seize fois plus en sécurité dans un autobus scolaire que dans un véhicule de tourisme.

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