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L’âge légal pour boire : 21 ans?

Malgré l’âge légal fixé à 21 ans pour consommer de l’alcool, les É.-U. sont aux prises avec un grave problème de conduite avec facultés affaiblies chez les jeunes adultes.

Entre 1993 et 2001, les consommateurs d’alcool âgés de 18 à 21 ans ont manifesté la plus importante augmentation (56 p. cent) de cuites d’un soir parmi les adultes américains, en deuxième place après les jeunes adultes âgés de 21 à 25 ans. Malgré la tolérance zéro officielle, 21 p. cent des conducteurs âgés de 16 à 20 ans impliqués dans des collisions mortelles avaient un taux d’alcoolémie de 100 mg p. cent (100 milligrammes d’alcool dans 100 millilitres de sang) ou plus en 1999. Les lois sur l’âge légal pour boire sont continuellement et visiblement affichées dans les campus des collèges.

Cependant, le département des transports des É.-U. prétend que ces lois réduisent les décès attribués à la circulation routière impliquant des conducteurs âgés de 18 à 20 ans. Certains Canadiens croient que cette raison à elle seule est suffisante pour justifier suivre l’exemple des Américains et augmenter l’âge légal permis pour consommer de l’alcool au Canada de 18 et 19 ans à 21 ans.

Dans les pays européens, l’âge légal pour boire varie de 18 ans à aucun âge minimum. L’ivresse en public est, de manière générale, inacceptable sur le plan social et les lois sur la conduite avec facultés affaiblies sont très strictes.

Les taux les plus élevés de conduite en état d’ébriété au Canada se retrouvent parmi les jeunes adultes. En 2002, les conducteurs âgés de 19 à 24 ans ont représenté 56 p. cent des accidents rapportés; un nombre incroyable de 44 p. cent des conducteurs blessés mortellement âgées de 20 à 25 ans avaient consommé de l’alcool. Le problème de la conduite en état d’ébriété chez les jeunes adultes est loin d’être résolu.

Si les 13 provinces et territoires rendaient illégale la consommation d’alcool jusqu’à 21 ans, est-ce que la situation s’améliorerait? Ou bien, est-ce seulement une solution rapide ayant peu de chance de succès?

Pour tous les conducteurs novices, la tolérance zéro pour le taux d’alcoolémie est déjà en vigueur partout au Canada. Les statistiques démontrent que le taux le plus élevé de conduite avec facultés affaiblies est à l’âge de 21 ans. Pourquoi établir l’âge légal de consommation d’alcool à l’âge où la conduite avec facultés affaiblies est à son taux le plus élevé?

Les É.-U. éprouvent de sérieux problèmes de conformité. Même la fille du président, Jenna Bush, a été surprise à consommer de l’alcool en 2001 lorsqu’elle était mineure. Est-ce réaliste de penser être en mesure de faire respecter l’âge de consommation de 21 ans dans notre société?

La possession du cannabis n’est pas seulement illégale au Canada, c’est un délit criminel à tout âge. Pourtant, au cours des dix dernières années, l’usage du cannabis dans le groupe des jeunes de moins de 21 ans a augmenté de façon radicale. Un sondage réalisé en 2004 a révélé que plus de 47 p. cent des répondants provenant du groupe d’âge de 18 et 19 ans avaient fait usage de cette substance au cours de la dernière année.

Ce dossier indique qu’il est peu probable que les jeunes de moins de 21 ans arrêteraient en masse de consommer de l’alcool juste parce que le gouvernement déclare cette activité illégale. En fait, il pourrait être plus sécuritaire de laisser les jeunes consommer dans des environnements contrôlés comme dans des restaurants, des bistros et lors d’activités officielles dans les universités que de les laisser consommer dans des parties sans surveillance se déroulant dans des boisés ou dans des résidences privées.

Augmenter l’âge légal pour la consommation d’alcool pourrait causer plus de problèmes qu’en régler. Le Canada doit trouver des solutions intelligentes qui visent les améliorations à long terme. En se basant sur la recherche crédible et l’analyse de la situation dans son ensemble, ces solutions doivent tenir compte de la psychologie humaine, de l’efficacité des coûts et des impacts possibles. Commençons par comprendre ce qui motive les jeunes gens à boire excessivement et à rechercher des substances intoxicantes. Les programmes qui s’attaquent aux raisons sous-jacentes à ce comportement ont de plus grandes possibilités de fonctionner à long terme qu’une approche de style prohibitif.

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Prévention au Canada
(juillet 2005)

Cibler les jeunes buveurs excessifs (avril 2002)

Enquête sur les toxicomanies au Canada. Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, novembre 2004.
Points saillants

Le Juristat : La conduite avec facultés affaiblies et autres délits de la route : 2002. Vol. 23, no 9, Centre canadien de la statistique juridique, le 7 novembre, 2003.

Le problème des accidents liés à l’alcool au Canada : 2002. Fondation de recherches sur les blessures de la route, octobre 2004.

T.S. Naimi et al., « Binge Drinking Among US Adults », The Journal of the American Medical Association 289,
no 1 (1er janvier 2003): 70-75.


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