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La tragédie silencieuse au Canada

Les stratégies de prévention / Les foyers où se trouvent des armes à feu / La lumière au bout du tunnel

Durant les années 90, le nombre de décès de la route s'est replié alors que le nombre de suicides s'est engagé sur une pente ascendante. Depuis 1992, les suicides se font plus nombreux que les décès de la route. À preuve, en 2003, le nombre de suicides était de 26 pour cent supérieur au nombre de décès de la route.

Selon Statistique Canada, il y avait 3 765 suicides en 2003, comparativement à 2 766 décédés de la route. En 1991, il y avait 3 593 suicides, comparativement à 3 690 décédés de la route.

Quoique ces statistiques soient fort troublantes, elles sont peut-être incomplètes parce qu'il est impossible de savoir exactement le nombre de décès intentionnels attribuables aux accidents à un seul véhicule, aux intrusions sur les voies ferrées et aux autres «accidents ».

Au Canada, le suicide est la principale cause de décès chez les hommes de 25 à 29 ans et de 40 à 44 ans, ainsi que chez les femmes de 30 à 34 ans. Le suicide est la deuxième cause de décès en importance chez les jeunes de 15 à 24 ans. Pour chaque suicide réussi, il y a 100 tentatives de suicide. Plus de 23 000 Canadiens sont hospitalisés chaque année après une tentative de suicide.

Les stratégies de prévention

Les suicides ne sont ni soudains ni imprévisibles et ils sont rarement occasionnés par une seule expérience ou perte pénibles. Si environ 80 pour cent des victimes donnent des signes avertisseurs qu'elles sont peut-être suicidaires, elles sont peu nombreuses à demander de l'aide.

Des problèmes psychiatriques, parfois bien cachés, sont d'ordinaire un facteur en cause. À preuve, plus de 90 pour cent des victimes de suicide présentent une maladie psychiatrique, le plus souvent la dépression, au moment du décès, maladie qui n'est souvent pas diagnostiquée ou pas traitée ou les deux à la fois. Une personne sur 10 souffrant de schizophrénie meurt par suicide.

  • Les personnes qui travaillent dans le domaine de la santé mentale doivent être sur les premières lignes pour s'attaquer aux causes du suicide, en proposant des traitements, en sensibilisant la population et en élaborant des stratégies visant à venir en aide aux personnes à risques. Les mesures et politiques en matière de sécurité jouent également un rôle important.
  • Les suicides par arme à feu représentent la proportion la plus élevée de suicides réussis (92 pour cent). Les risques que quelqu'une commette un suicide sont cinq fois plus élevés dans un foyer où on retrouve des armes à feu. La réduction de l'accès aux armes à feu entraîne une baisse du nombre de suicides.
  • Les femmes âgées de 20 à 40 ans, qui prennent des calmants, analgésiques, antidépresseurs ou autres médicaments psychotropes, affichent le plus haut taux d'empoisonnement auto-infligé. Les médecins et les pharmaciens se doivent de surveiller de près les ordonnances pour ces médicaments.
  • Les troubles de l'humeur, conjugués à l'abus de substances psychoactives, font sensiblement augmenter les risques de suicide, ce qui vient donc souligner la nécessité de se doter de politiques de prévention d'abus d'alcool, de drogues illicites et de médicaments d'ordonnance.
  • Les médias sont notamment puissants, parce qu'ils peuvent sensibiliser la population au problème de suicide ou inciter les gens à commettre des suicides par imitation. Si un suicide fait l'objet d'une couverture médiatique, les reportages devraient être réalisés de façon responsable et efficace.

Les foyers où se trouvent des armes à feu

Près de 80 pour cent de tous les décès par arme à feu au Canada sont des suicides, comparativement à 15 pour cent pour les homicides. L'arme à feu est la méthode privilégiée dans près de 20 pour cent de tous les suicides réussis. Si certains estiment qu'une personne qui envisage le suicide optera pour une autre méthode en l'absence d'une arme à feu, les recherches n'abondent pas dans le même sens.

Une étude québécoise réalisée par le Centre de prévention du suicide 02 a tenté de découvrir s'il y avait un lien entre les taux de suicide et les taux de possession d'arme à feu. Il est ressorti de cette étude qu'aux endroits où la chasse est une activité courante et où les armes à feu sont à portée de la main, le taux de suicide par arme à feu est plus élevé que dans les centres urbains. De plus, le taux de décès global par suicide augmentait au fur et à mesure que le taux de suicide par arme à feu augmentait. Les chercheurs ont conclu que si une personne suicidaire n'a pas accès à une arme à feu, il n'y a rien qui prouve qu'elle aurait recours à une autre méthode, du moins pas une méthode aussi mortelle qu'une arme à feu.

Le Centre a réalisé à partir de ses recherches un feuillet éducatif s'intitulant Les armes à feu et vous, disponible gratuitement auprès du Conseil canadien de la sécurité.

La lumière au bout du tunnel

Il est possible de venir en aide à la plupart des personnes suicidaires et de leur permettre de mener une vie saine et gratifiante.

L'Association canadienne pour la prévention du suicide travaille actuellement à l'élaboration d'une stratégie nationale de prévention du suicide. Cette stratégie nécessitera l'engagement des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, de même que l'appui de toute la population.

Prévention au Canada (janvier 2004)

Mise à jour : septembre 2006

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Prévention au Canada
(janvier 2004)


La dépendance au jeu entraîne le suicide






















B. Mishara, Document d'information sur les blessures intentionnelles (section sur le suicide), Stratégie canadienne de prévention des blessures.



Réseau canadien de la santé




































R. Simon, Réduire les risques de suicide, d'homicide et d'accident associés aux armes à feu au Sageunay-Lac-Saint-Jean, Centre de prévention du suicide 02, août 1999.



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