La sécurité à l'arrière-plan
La catastrophe de la navette spatiale Columbia dans laquelle sept astronautes ont trouvé la mort en février 2003 a été la conséquence du relâchement des pratiques de sécurité au cours des 20 dernières années. Même après la destruction de la navette Challenger en 1986, la NASA n'avait pas accordé une plus grande priorité à la sécurité.
Le rapport de la commission d'enquête sur l'accident de Columbia (Columbia Accident Investigation Board) a été rendu public le 26 août 2003. Ce dernier conclut que les gestionnaires de mission de la NASA considéraient comme normales les failles dans le système. Ils refusaient de reconnaître que ces problèmes pouvaient mener à une catastrophe et ils décourageaient les voix dissidentes.
Le gouvernement et les échelons supérieurs de la NASA exerçaient des pressions constantes en vue de réduire ou à tout le moins de geler les coûts d'exploitation de la navette. Des mises à niveau de sécurité et d'entretien ont été retardées ou reportées, et on a laissé l'infrastructure se dégrader. Pour respecter son calendrier, la NASA a accepté de plus en plus de risques. La catastrophe a été causée par un problème que les ingénieurs de la NASA connaissaient bien.
Les conclusions du rapport devraient tous nous faire réfléchir. Sans doute, les compressions sont-elles inévitables. Les gouvernements doivent contrôler les coûts. Le secteur privé doit demeurer concurrentiel. Cependant, c'est une fausse économie que de réduire les dépenses de sécurité. Des catastrophes coûteuses et évitables se produisent de façon répétée parce que les risques potentiels du système sont considérés comme normaux. Les améliorations à l'infrastructure de sécurité sont souvent écartées et jugées « superflues ». Cette attitude doit changer.
La gestion du risque, une approche systématique visant à prévenir les pertes ou à en réduire le risque, est essentielle et doit devenir la priorité.
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