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| Accueil > Nouvelles > Vol. XLIV, No 4, Septembre 2000 > Les sels de voirie | ||||||
Les sels de voirie, la sécurité et l'environnementSi vous avez moins de 75 ans, vous n'avez pas connu l'époque où on n'utilisait pas de sels de voirie pour faire fondre la neige et la glace sur les chaussées en hiver. Par ailleurs, vous êtes conscient depuis longtemps du compromis - les automobilistes étaient à l'abri des accidents, tandis que la végétation fragile le long des routes a été endommagée et les animaux ont abandonné les emprises des routes, en partie en raison des sels qui s'y retrouvent. Au cours des cinquante dernières années, les services d'entretien des routes ont accordé la priorité au maintien de routes sûres et praticables. Ils ont appris à réduire au minimum la quantité de sels utilisée, tout en économisant argent et en réduisant (sans toutefois éliminer) les incidences environnementales. Les propriétaires de véhicules ont également pris des mesures afin de protéger leurs véhicules des effets corrosifs des sels de voirie. Le 12 août 2000, aux termes de cinq années d'étude, Environnement Canada recommanda que les sels de voirie soient déclarés des substances « toxiques » pour la faune et la flore. Pour les intervenants en matière de sécurité, ce n'est pas un dossier facile à régler. Les Canadiens veulent protéger leur milieu et garder leurs routes sûres et praticables. Considérer les sels de voirie comme « toxiques » pourrait entraîner une réduction de leur usage, ce qui aura un effet néfaste sur l'état des routes. En mettant en jeu la sécurité publique, une telle décision au niveau fédéral aurait pour effet d'accroître la responsabilité aux paliers municipal et provincial. Si les sels de voirie sont jugées toxiques, faut-il les remplacer par d'autres substances de déglaçage ? Les sels de voirie coûtent entre 600 $ et 2 000 $/tonne. Compte tenu du désir de réduire les impôts, le remplacement des sels de voirie serait actuellement trop coûteux. Le rapport d'Environnement Canada semble préconiser la même norme pour le milieu naturel et pour le réseau de drainage des routes. Les ponts et les emprises des routes comportent des fossés d'assèchement et des retenues d'écoulement qui ont pour rôle de gérer les écoulements ayant une forte concentration de chlorure et de prévenir la contamination environnementale, tout en assurant la sécurité publique. On déclare pourtant dans le rapport que ces fossés et retenues devraient non seulement être protégés des chlorures, mais qu'ils devraient également faire fonction d'habitat de remplacement en milieux urbains. Les plantes tolérantes au sel poussent bien le long des routes où poussaient autrefois des espèces indigènes sensibles au sel. Le rapport considère ce déplacement d'espèces comme une problématique. Cependant, la végétation indigène a été détruite au moment de la construction de la route. Les plans d'aménagement paysager pour les routes canadiennes contiennent des espèces qui tolèrent le sel, pour qu'elles puissent pousser dans des conditions plus difficiles le long des routes. Les services de travaux publics sont biens conscients des effets néfastes qu'a le déglaçage sur l'environnement. Dès qu'on note un problème, on revoit souvent la conception de la route ou on change les pratiques d'entretien des routes en hiver. Lorsqu'il avait demandait cette évaluation, le groupe d'experts-conseils a reconnu le besoin en agents dégivreurs pour garder les routes ouvertes et sûres en hiver et pour réduire au minimum les collisions de la route, les blessures et les décès attribuables à la chaussée glissante et à la neige. Le groupe d'experts-conseils a souligné que les mesures mises au point à la suite de l'évaluation ne devraient jamais mettre en jeu la sécurité publique. La sécurité et l'environnement peuvent aller de pair. Nous devrons exiger les deux.
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Prévention au Canada (septembre 2000) |
© 2004 Conseil canadien de la sécurité |