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| Accueil > Nouvelles > Vol. XLIV, No 4, Septembre 2000 > Dossier du président | Information relative | ||||||||
Dossier du présidentDans bon nombre de collectivités, les chiens agressifs constituent une préoccupation grandissante en matière de sécurité. Les chiens violents appartenant à des narcotrafiquants, à des groupes de criminels, et à des personnes violentes ou irresponsables posent un danger pour la sécurité publique. De plus, un chien agressif peut mettre des vies en danger en bloquant le passage aux pompiers, aux ambulanciers ou à d'autres devant intervenir lors d'une urgence. Certains pays européens ont déjà commencé à adopter des lois visant à contrôler les chiens dangereux. Dans le même ordre d'idées, le Canada se doit d'analyser la portée et la nature de ce problème au pays, et d'instaurer des mesures visant à prévenir les décès et blessures dus aux morsures de chiens. En Allemagne, l'histoire d'un jeune Hambourgeois de six ans qui avait succombé aux morsures d'un pit-bull dans sa cours d'école en juin dernier a incité tous les États allemands à resserrer leurs lois régissant la possession d'animaux (il s'agissait en effet du troisième décès en six mois attribuable aux morsures de chien dans ce pays). Hambourg, ville-État, a adopté les lois les plus sévères, interdisant la possession de trois des races les plus dangereuses. Au Danemark, trois races de chien sont interdites depuis 1991 et il est interdit aux touristes d'amener ces chiens dans le pays. Tout chien peut être déclaré illégal si on prouve qu'il a été dressé pour attaquer. La Suède dispose pour sa part de lois aussi sévères que celles du Danemark. En Angleterre, il est interdit d'importer et d'élever des chiens dangereux. En France, une loi qui est entrée en vigueur en janvier 2000 exige la stérilisation des chiens dangereux. Quant à l'Italie, elle compte adopter une telle loi cette année. Au Canada, le contrôle des animaux domestiques relève principalement des municipalités ; les règlements peuvent viser les chiens dangereux. L'importation d'animaux, les frais médicaux pour le traitement de morsures de chiens et la collecte de données nationales sur les blessures relèvent du gouvernement fédéral. Il n'existe pas de données fiables sur la population canine au Canada, sur le nombre de Canadiens qui perdent la vie ou qui sont grièvement blessés après avoir été attaqués par un chien (et le circonstances), ni sur les espèces qui causent un nombre disproportionné de décès et de blessures graves. Si on se fonde sur l'expérience européenne, la mise sur pied d'une base de données fiables s'impose en vue d'établir le nombre de chiens de combat, de connaître toute loi en vigueur régissant l'élevage et la possession de ces chiens, de même que de connaître le nombre de décès et de blessures liés aux morsures de ces chiens. C'est seulement à partir de ce moment-là que nous pourrons établir s'il nous faut plus de lois ou de nouvelles lois pour régir la possession et l'élevage de chiens de combat. Il revient donc aux législateurs canadiens de décider s'il faut régir certaines races comme on le fait en Europe. Il faut aussi envisager d'autres approches : sensibilisation des propriétaires et de la population, notamment les parents de jeunes enfants ; mise en application vigoureuse de règlements municipaux régissant les animaux domestiques ; et déclaration obligatoire de morsures de chien, en mentionnant le propriétaire, la race, s'il s'agit d'un chien castré ou d'une chienne opérée, les antécédents en matière d'agressions, de même que la maîtrise au moment de l'incident. Ce qu'il faut avant tout, c'est analyser la gravité et la nature des agressions par les chiens, et prendre les mesures qui s'imposent pour protéger la population.
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