Dossier du président
Le 6 décembre 1989, un tueur fou ouvrit le feu sur 14 jeunes femmes à l'École Polytechnique de l'université de Montréal. Cette tragédie déclencha une réaction au pays en faveur d'un contrôle plus sévère sur la propriété et l'usage des armes à feu.
Les armes à feu posent incontestablement un danger pour la santé et la sécurité publiques. Chaque année on compte au Canada quelque 1 300 décès dus aux armes à feu, dont la majorité (77 pour cent) sont des suicides. Parmi les homicides, ceux qui sont attribuables à une arme à feu sont les plus fréquents. En revanche, environ seulement cinq pour cent des décès dus aux armes à feu sont des accidents - et tragiquement bon nombre de ces accidents impliquent des enfants.
Au fil des ans, les mesures progressives de contrôle des armes à feu ont permis de ramener le taux de décès par balles de 5,2 par 100 000 en 1970 à 3,8 par 100 000 en 1996. À titre d'organisme de sécurité, le Conseil canadien de la sécurité est d'avis que la loi représente une contre-mesure manifeste qui a fait ses preuves et qui aide à réduire les décès et les blessures. Le massacre à Montréal a incité le CCS à réclamer l'adoption d'une loi plus efficace destinée à empêcher les malfaiteurs de mettre la main sur une arme à feu.
De tous les dossiers que nous avons abordés au cours des dix dernières années, le contrôle des armes à feu est de loin celui qui est le plus teinté d'émotions. Malgré les diatribes d'opposants à la loi fédérale sur le contrôle des armes à feu, nous avons exprimé l'opinion de la majorité des Canadiens qui se posent de sérieuses questions sur les risques reliés à l'accès non réglementé aux armes à feu.
Les Canadiens ne veulent pas une société où les homicides dus à une arme à feu sont monnaie courante. Le massacre à Montréal nous a drôlement ébranlés. La loi sur le contrôle des armes à feu reflète les valeurs de longue date des Canadiens, valeurs qui sont en faveur de mesures destinées à promouvoir la santé et la sécurité publiques.
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