Les jeunes et les collisions de la route
Des progrès impressionnants | Des facteurs communs | Pourquoi les jeunes conducteurs ont-ils plus d'accidents ? | Nous avons encore du chemin à faire !
Au cours des trois dernières décennies, on a enregistré une baisse marquée du nombre de jeunes qui perdent la vie ou qui se blessent lors de collisions. Malgré ce constat encourageant, les accidents de la route sont encore la principale cause de décès chez les 15 à 19 ans.
Une collision mortelle sur huit au Canada implique un adolescent. Il s'agit d'un taux qui dépasse de beaucoup celui de toutes les autres tranches d'âge. Les experts attribuent cette situation au manque d'expérience et de maturité, de même qu'à l'alcool.
En novembre 1999, la Fondation de recherches sur les blessures de la route (FRBR) publia un rapport brossant un portrait du problème et proposant d'éventuelles solutions.
Des progrès impressionnants
Les statistiques sont encourageantes. De 1980 à 1997, le nombre d'adolescents décédés dans des collisions de la route a chuté de 61 p. 100, passant de 1 038 à 404. Au cours de cette même période, le nombre adolescents blessés dans des collisions de la route s'est replié de 47 p. 100, passant de 54 400 à 28 780. Le taux de décès chez les adolescents attribuables aux collisions de la route, a diminué de 55 p. 100 entre 1980 et 1997, et le taux de blessures, de 38 p. 100. Ces gains sont indépendants des fluctuations de la population.
Les décès associés à l'alcool chez les jeunes ont aussi connu une chute précipitée. À preuve, en 1980, près de 70 p. 100 des adolescents au volant ayant perdu la vie dans des collisions de la route avaient consommé de l'alcool. En 1997, ce chiffre était passé à environ 40 p. 100.
Des facteurs communs
Le nombre de collisions mortelles, de blessures et de collisions impliquant l'alcool semble avoir fait du surplace dans les années 1990. Le rapport de la FRBR souligne plusieurs faits intéressants à ce sujet :
- Les jeunes conducteurs sont les plus susceptibles de perdre la vie ou de se blesser durant l'été (juin, juillet et août)
- Un nombre disproportionné de décès et de blessures graves subis par les jeunes conducteurs se produisent la fin de semaine, surtout le samedi, jour où ont lieu 22 p. 100 des leurs collisions mortelles.
À peu près la moitié des collisions mortelles et 64 p. 100 des blessures graves ont lieu la nuit. Étant donné que les jeunes conduisent moins la nuit, ces données montrent combien il est risqué pour eux de conduire la nuit.
- Les collisions impliquant un seul véhicule représentent un peu plus de la moitié des collisions dans lesquelles les conducteurs sont morts ou ont été grièvement blessés. Les jeunes conducteurs qui consomment de l'alcool ont plus tendance à être impliqués dans une collision à un seul véhicule.
- Bien que les jeunes soient les moins susceptibles par rapport à tous les groupes d'âge de conduire en état d'ébriété, ceux qui le font courent des risques très élevés d'être impliqués dans une collision. Quarante pour cent des jeunes conducteurs qui sont décédés avaient consommé de l'alcool, et trois quarts de ces jeunes conducteurs avaient un taux d'alcoolémie supérieur à la limite permise de 80 mg%.
Pourquoi les jeunes conducteurs ont-ils plus d'accidents ?
Parce qu'ils éprouvent de la difficulté à freiner, à diriger et à modifier la vitesse du véhicule. Ils éprouvent aussi de la difficulté à intégrer et à coordonner efficacement ces différentes aptitudes qui se développent avec l'expérience. Ils sont aussi moins conscients des dangers et mettent plus de temps à les détecter et à y réagir. De plus, les jeunes conducteurs éprouvent de la difficulté à prendre de bonnes décisions dans une situation critique qui pourrait avoir des conséquences inconnues.
La prise de risques fait d'habitude partie du mode de vie des jeunes qui prennent intentionnellement des risques au volant. Ces jeunes peuvent parfois être très fatigués par manque de sommeil et adopter d'autres comportements à problème (p. ex. l'usage d'alcool et de drogues, la délinquance) ou être à la recherche de sensations fortes qui peuvent se manifester sur la route par l'excès de vitesse, le talonnage et par d'autres comportements de conduite à risque.
Dans l'ensemble, les jeunes conducteurs ont tendance à avoir plus de collisions de par la combinaison des choix de mode de vie et de l'inexpérience.
Nous avons encore du chemin à faire !
Au cours des dernières décennies, le bilan de sécurité des jeunes conducteurs s'est amélioré de façon dramatique. Il s'agit là du fruit de plusieurs contre-mesures et programmes, et suit la tendance à la baisse générale. En 1998, pour la première fois dans l'histoire, le nombre de victimes sur les routes au Canada est passé en dessous de la barre des 3 000.
On compte plusieurs causes des collisions de la route impliquant des jeunes. Pour remédier au problème, une mise en application stratégique des mesures ayant fait leur preuve s'impose.
Les permis par étapes progressives ont permis de réduire les collisions impliquant les jeunes conducteurs. Il s'agit de systèmes qui limitent l'exposition aux situations de conduite très risquées, telles que la conduite nocturne, les routes à circulation rapide, ainsi que l'alcool au volant. Ils permettent aux jeunes conducteurs d'acquérir de l'expérience dans des conditions optimales. Depuis 1994, six provinces ont promulgué les systèmes par étapes progressives, alors que deux autres ont des systèmes de permis de conduire provisoire ou probatoire, ou songent à adopter un tel système.
Parmi les autres volets d'une stratégie efficace, mentionnons les suivants : la sensibilisation (tant la formation du conducteur, que la sensibilisation à l'alcool/aux drogues) ; les programmes axés sur les parents et les programmes axés sur les pairs ; et encourager les médias et les annonceurs à ne pas faire la promotion de comportements dangereux.
Les chances qu'un jeune conducteur soit impliqué dans une collision sont encore trop élevées. Nous avons encore du chemin à faire.
Pour plus de détails sur le rapport, «Les jeunes et les accidents de la route», prière de communiquer avec la FRBR, au 613-238-5235, ou par télécopieur, au 613-238-5292, ou par courriel.
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