Y a-t-il un endroit sûr ?
Le cas de la Colombie-Britannique
Depuis quelque temps, les médias parlent de plus en plus du « fléau de vols avec violation de domicile » dont sont victimes les résidents de la Colombie-Britannique. Les auteurs de ces crimes, de même que les pirates routiers et les intrus dans les garages, posent un défi de taille aux services de police et de sécurité. Par conséquent, le niveau de préoccupations des aînés en particulier a presque atteint des proportions démesurées, car ils croient presque à coup sûr qu'ils seront victimes de ces crimes haineux. Pas étonnant que les ventes de systèmes d'alarme pour maisons et autos connaissent une hausse vertigineuse, que les séminaires sur la sécurité personnel pullulent et que plusieurs propriétaires de maison n'hésitent pas à se doter de plusieurs moyens d'autodéfense.
Nous encourageons toutefois tout le monde à mettre ce problème dans son contexte puisque la plus importante menace à la sécurité des aînés, et de presque toutes les autres personnes, est la collision de la route. Depuis quelques années, le nombre de morts sur la route en C.-B. est quatre fois plus élevé* que les homicides, le nombre de blessés de la route est trois fois plus élevé que tous les délits criminels de voies de fait, et le coût des pertes matérielles dues aux collisions de la route est le double de celles dues aux vols.
Comme de raison, les collisions de la route ne font pas les manchettes et on ne peut pas toujours mettre la main au collet du « coupable ». De plus, ce n'est pas facile de se regarder dans le miroir lorsqu'on cherche l'auteur des collisions de la route, et que le coupable c'est nous.
Si vous êtes prêt à investir dans la sécurité de votre maison et automobile, êtes-vous également prêt à consacrer une certaine somme d'argent à la sécurité personnelle sur la route ? Si la réponse est non, pourquoi ? Si vous ne vous attaquez pas à ce problème, vous fermerez les yeux sur la priorité numéro un en C.-B. au chapitre de la sécurité personnelle. Seulement 5 p. 100 des nouveaux conducteurs suivent un cours de conduite complet, et peu de citoyens s'inscrivent à un cours de perfectionnement des conducteurs. Si on adoptait cette approche face à la sécurité au travail, les milieux de travail seraient nettement plus dangereux. Comment se fait-il qu'on ait décidé de laisser pour compte les risques de la circulation ?
C'est à vous que revient le choix. Vous pouvez vous attaquer aux risques de la sécurité routière, ou continuer à ne pas en tenir compte. Dans ce cas-ci, ne vous plaignez pas s'il vous arrive quelque chose. Vous ne pouvez échapper à la réalité que les milieux de travail sont moins dangereux que les routes.
L'éditorial ci-dessus est paru dans le bulletin Safety First du Conseil de la sécurité de la Colombie-Britannique du printemps 1999.
*À l'échelle canadienne, le ratio était de plus de 5 pour 1 en 1997 (3 064 décès sur la route par rapport à 581 homicides).
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