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Les cigarettes à l'épreuve du feu
Ottawa, le 3 juin 1998 - Le Conseil canadien de la sécurité appuie les préoccupations exprimées par le commissaire des incendies de lOntario concernant la hausse des décès attribuables aux incendies enregistrée au premier trimestre de 1998. En 1997, 154 personnes avaient perdu la vie suite à des incendies en Ontario. À la fin mars, le bilan s'élevait déjà à 51 personnes.
Il est possible d'éliminer la majorité des pertes de vie par le feu, soutient le président du Conseil canadien de la sécurité, Emile Therien. Et, comme le commissaire des incendies l'affirme, la négligence chez les fumeurs est l'une des principales causes des pertes de vie attribuables aux incendies. Les articles pour fumeurs, notamment les cigarettes, comptent pour un décès sur quatre dus à l'incendie.
En 1984, le Congrès américain adopta la Cigarette Safety Act. Cette même loi prévoyait la création d'un groupe de travail chargé d'étudier la faisabilité technique et commerciale, l'incidence économique et les autres conséquences qu'aurait le développement de cigarettes avec un risque moins élevé de mettre le feu à un meuble rembourré ou à un matelas.
Dans son rapport de 1993 au Congrès, la commission américaine sur la sécurité des produits à la consommation conclut qu'il serait possible d'établir une norme de rendement destinée à réduire la propension des cigarettes à s'enflammer. Parmi les propriétés susceptibles de rendre les cigarettes moins sujettes aux incendies, mentionnons les suivantes : une plus faible porosité du papier ; une plus faible circonférence ; un filtre plus court ; et une plus faible densité du tabac.
En 1995, une enquête du coroner à Toronto a recommandé que le gouvernement fédéral rende obligatoires les cigarettes sûres, en faisant allusion aux études américaines. Depuis lors, le Conseil canadien de la sécurité et d'autres organismes de la santé et de la sécurité ont demandé au ministre fédéral de la santé de faire des cigarettes sûres une priorité. Le ministre de la santé Allan Rock a répondu en déclarant qu'il faut évaluer l'incidence que les cigarettes sûres ont sur la santé des fumeurs, et que leur incidence au plan économique doit aussi être prise en compte. Il a ajouté que le Bureau de contrôle du tabac devra accorder une priorité à ce dossier " au cours des prochaines années ".
Il existe déjà sur le marché des cigarettes avec un plus faible risque d'allumage, selon M. Therien. Il est d'avis que l'inaction du gouvernement pour régir les propriétés d'allumage de toutes les cigarettes veut dire que le Canada est en train de rater une occasion idéale pour prévenir les décès attribuables aux incendies. |