Prise de conscience ...
les connaissances et la perception des canadiens envers les lois sur la conduite en état d'ébriété
Les Canadiens connaissant les limites légales, la majorité évitent en règle générale de prendre le volant lorsqu'ils sont sous l'effet de l'alcool. Plusieurs ne savent toutefois pas en quoi consistent les peines et peu estiment qu'elles sont mises en application.
Au mois de juin dernier, le Parlement adopta une modification au Code criminel afin que celui-ci prévoie une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité pour conduite avec facultés affaiblies causant la mort. Un sondage commandé par le Conseil canadien de la sécurité et mené par Environics a révélé que 65 pour cent des Canadiens, soit 56 pour cent des hommes et 74 pour cent des femmes, estimaient que les lois canadiennes en matière de conduite avec facultés affaiblies ne sont pas assez sévères.
« Nous doutons que les Canadiens désirent la peine de mort pour conduite avec facultés affaiblies », a affirmé Emile Therien, président du Conseil canadien de la sécurité. Il a ajouté : « Bon nombre de personnes ne savent pas que la loi est déjà très sévère. »
Soixante-deux pour cent des répondants savaient qu'ils pouvaient être accusés d'une infraction criminelle si leur taux d'alcoolémie dépassait 0,08. Vingt-six pour cent des répondants croyaient que la limite se situait à 0,05. Le Conseil canadien de la sécurité se dit heureux que 88 pour cent des répondants connaissent la limite légale et que certains pèchent par excès de prudence.
Le gouvernement vient de donner plus de dents aux sections du Code criminel portant sur la conduite avec facultés affaiblies. M. Therien a déclaré que les peines plus sévères constitueront un moyen de dissuasion sans effet, à moins que les gens soient au courant de ces nouvelles peines.
Seulement quatre répondants sur dix croyaient à juste titre qu'une première infraction pour conduite avec facultés affaiblies s'accompagnait d'une amende minimum de 600 $ et d'une suspension d'un an du permis de conduire. (En juin 1999, le montant de cette amende est passé de 300 $ à 600 $, et la suspension de trois mois à un an.) Seulement deux répondants sur dix croyaient à juste titre qu'une peine d'emprisonnement à perpétuité était la peine maximale pour conduite avec facultés affaiblies causant la mort. (Avant juin 2000, la peine maximale était de 14 ans.) Il importe de signaler que les francophones au Québec étaient les mieux renseignés sur ce sujet.
De plus, la majorité des répondants ne croyaient pas que les tribunaux prenaient au sérieux les accusations de conduite avec facultés affaiblies. Le quart des répondants croyait que moins de 25 pour cent des accusations entraînaient une condamnation. Seulement un répondant sur dix a correctement répondu en déclarant que plus de 75 pour cent des accusations se soldaient par une condamnation. De toutes les accusations au criminel, ce sont les accusations de conduite en état d'ébriété qui affichent le plus haut taux de condamnation, à savoir 88 pour cent au Québec, y compris les reconnaissances de culpabilité et les personnes déclarées coupables après leur procès.
Dans l'ensemble, 40 pour cent des répondants ont déclaré que la police les avait arrêtés au cours des douze derniers mois pour vérifier s'ils conduisaient avec facultés affaiblies. Au Québec et dans les provinces de l'Atlantique, 30 pour cent ont affirmé que la police les avait arrêtés. Les résidents de la Colombie-Britannique (67 pour cent) et notamment les Vancouverois (71 pour cent) étaient les plus susceptibles d'avoir franchi un barrage routier.
« La mise en application visible et efficace de la loi est un outil qui a fait ses preuves dans la lutte contre l'alcool au volant », a déclaré M. Therien. « Si les personnes savent qu'elles se feront arrêter, elles seront beaucoup moins portées à commettre une infraction. »
Soixante-dix pour cent des Canadiens ont déclaré ne jamais conduire avec facultés affaiblies, peu importe la quantité d'alcool consommé. Ce sont les répondants dans les provinces de l'Atlantique qui étaient les moins portés à conduire avec facultés affaiblies. Selon le Conseil canadien de la sécurité, ceci vient confirmer que les buveurs mondains ont compris le message.
« Les structures de comportement ont changé », a conclu M. Therien. « La majorité des gens qui vont prendre un verre, ne prendront pas le volant. »
« La lutte contre l'alcool au volant a fait bien du chemin au chapitre du changement du comportement de la majorité des Canadiens », a déclaré Mark Yakabuski, vice-président du Bureau d'assurance du Canada. « Mais nous avons encore bien du pain sur la planche pour ce qui est des récidivistes et de la mise en application des lois contre l'alcool au volant. »
Quarante et un pour cent des hommes et seulement dix-huit pour cent des femmes ont avoué prendre le volant après avoir consommé une quantité quelconque d'alcool. Le fait que les hommes soient plus enclins que les femmes à conduire avec facultés affaiblies est ressorti des statistiques de 1998 selon lesquelles pour chaque femme accusée de conduite avec facultés affaiblies, on comptait huit hommes.
Moins d'un pour cent des répondants ont avoué conduire plusieurs fois par semaine après avoir bu. Ce chiffre correspond aux résultats de recherches voulant que les délinquants chroniques de la conduite avec facultés affaiblies représentent moins d'un pour cent des conducteurs qui causent un pourcentage disproportionné de collisions, blessures et pertes de vie. Cinq pour cent affirmaient qu'ils prenaient le volant chaque semaine ou toutes les deux semaines après avoir bu. Pour ce qui est des six pour cent des répondants qui conduisent régulièrement après avoir bu, la majorité était des hommes (77 pour cent) et plus du tiers était des diplômés universitaires.
« Une loi est efficace si elle est perçue comme telle », a soutenu Chris Baker, vice-président d'Environics. « Quoique les Canadiens modifient leur comportement de façon positive, plusieurs estiment que les personnes accusées de conduite avec facultés affaiblies ont de bonnes chances de s'en tirer sans condamnation. Cela n'est manifestement pas le cas. »
M. Baker a fait remarquer que le sondage avait révélé que les Canadiens ont une idée fausse de la façon dont le système juridique met la loi en application, ce qui les amène à croire que les gouvernements ne prennent pas le problème au sérieux. « Les Canadiens ont besoin de savoir que la loi est très efficace », a-t-il déclaré.
En 1998, les collisions mettant en cause un conducteur avec facultés affaiblies ont fait 986 morts à la grandeur du pays. Les conducteurs en état d'ébriété étaient en cause dans 3 382 collisions causant des blessures graves.
Ce sondage a été mené par le Environics Research Group auprès de 2 088 Canadiens et Canadiennes entre le 25 septembre et le 16 octobre 2000. À l'échelle nationale, les résultats ont une marge d'erreur de ± 2,2 pour cent, 19 fois sur 20. Ce sondage commandé par le Conseil canadien de la sécurité a été rendu possible grâce au soutien financier de Justice Canada, du Bureau d'assurance du Canada, du Conseil de l'industrie de la motocyclette et du cyclomoteur et de la Driving School Association of Ontario.
Le 1er décembre 2000
Retourner en haut
|