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Les drogues au volant :
Résultats d’un récent sondage sur la sécurité routière

Une étude poussée a établi sans équivoque que l’alcool au volant augmente considérablement le risque de collisions sur la route. Une recherche toute aussi impressionnante durant laquelle on a examiné l’ampleur du problème au cours des vingt-cinq dernières années a démontré que la consommation d’alcool a baissé parmi les conducteurs, comme d’ailleurs la présence d’alcool dans les collisions graves. Par contre, on en sait très peu au sujet de la conduite affaiblie par les drogues et la part qu’elle joue dans des collisions graves, ni l’ampleur du problème de la conduite avec facultés affaiblies par les drogues. Par conséquent, nous serions reconnaissants de toute nouvelle information à ce sujet. Dans cette perspective, l’enquête réalisée par la Fondation de recherches sur les blessures de la route (FRBR) publiée dans son rapport Road Safety Monitor soulevait plusieurs questions pertinentes à ce sujet.

Road Safety Monitor est un sondage d’opinion publique élaboré et géré par la FRBR dans le but de prendre le pouls de la population relativement aux principales questions en matière de sécurité routière. Ce sondage réalisé annuellement depuis 2001, examine

  • ce que les Canadiens considèrent comme les principaux enjeux en matière de sécurité routière et jusqu’à quel point ils s’en préoccupent ;
  • leurs points de vue sur les solutions à ces problèmes ;
  • ce qu’ils savent ou ne savent pas au sujet de la prudence au volant ;
  • leur comportement sur les routes.

Le sondage de la FRBR comporte une série de questions essentielles qui reviennent tous les ans dans le but d’obtenir les renseignements voulus sur les tendances relatives aux attitudes, aux opinions et au comportement des gens dans différentes situations de sécurité routière, y compris l’alcool au volant. On ajoute à ceci des questions  supplémentaires plus ciblées traitant de sujets spéciaux, d’actualité et de dossiers émergeants. La cinquième édition du sondage Road Safety Monitor contenait un segment au sujet de la conduite avec facultés affaiblies par les drogues. Le sondage a été effectué par téléphone en septembre 2005, auprès d’un échantillon de conducteurs canadiens pris au hasard. Au total, 1 218 conducteurs ont participé à l’enquête.

Les résultats du sondage révèlent que le public éprouve des inquiétudes au sujet de la conduite avec facultés affaiblies par les drogues. Plus précisément, 87 p. 100 des Canadiens croient que le problème des jeunes conducteurs avec facultés affaiblies par l’alcool ou les drogues est très sérieux ou extrêmement sérieux; 61 p. 100 considèrent la conduite des conducteurs plus âgés avec facultés affaiblies par des médicaments sous ordonnance comme un problème très ou extrêmement grave.

Le sondage a découvert, en conformité avec d’autres études, que la conduite avec facultés affaiblies après avoir consommé de la marijuana ou du hachisch n’est pas très répandue. Environ 2,4 p. 100 des participants au sondage ont admis avoir pris le volant après avoir consommé de la marijuana ou du hachisch l’année dernière. Bien que cela représente un très faible pourcentage de conducteurs, lorsqu’on le place dans le contexte de la population globale de tous les détenteurs de permis automobile, on constate qu’environ cinq cents mille Canadiens admettent avoir pris le volant après avoir consommé de la marijuana ou du hachisch au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Dans ces conditions, un tel comportement est bien moins rare. De plus, cela représente une hausse considérable dans la fréquence d’utilisation de la marijuana ou du haschisch et la conduite avec facultés affaiblies depuis les trois dernières années.

Le sondage a également confirmé les résultats de recherches précédentes qui révélaient que le taux élevé de consommation co-occurrente d’alcool et de marijuana ou de hachisch. Soixante-neuf pourcent des répondants qui ont admis avoir consommé de la marijuana ou du haschisch ont également affirmé avoir pris le volant moins de deux heures après avoir bu de l’alcool. La cooccurrence de ces deux substances dans le système augmente considérablement le risque de collision et cause de graves préoccupations.

Les conducteurs qui ont admis avoir consommé de la marijuana ou du haschisch différaient de plusieurs façons des gens qui n’en consomment pas. Les consommateurs de drogues étaient généralement des jeunes célibataires de sexe masculin qui résidaient dans des centres urbains. De plus, ils avaient plus tendance que les non consommateurs à prendre des risques lorsqu’ils prenaient le volant pour le plaisir; ils avaient également plus tendance à faire de la vitesse, à recevoir des contraventions, et à entrer en collision. Enfin, il n’était pas surprenant d’apprendre qu’ils étaient moins enclins à appuyer des initiatives visant à faire appliquer la loi, qui aideraient les policiers à déceler les conducteurs avec facultés affaiblies par la consommation de drogues.

Cet rapport était écrit par Par Ward Vanlaar, Herb Simpson, Deanna Singhai et Dan Mayhew. Nous vous invitons à visiter le site www.trafficinjuryresearch.com.

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