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Accueil > Nouvelles > Vol. XLVI, No 2. Juillet, 2002  


Dossier du président

Le présent numéro de Prévention au Canada retrace les grandes lignes de deux nouveaux sondages du Conseil canadien de la sécurité, et fait le point sur des sondages réalisés par d'autres organismes.

Une enquête téléphonique ne vise qu'à prendre le pouls des pensées et croyances personnelles des répondants, et ce quelles soient fondées sur des faits ou pas. Par exemple, lorsqu'on demanda aux répondants si le port du casque vélo était obligatoire pour les enfants de moins de 18 ans, 78 % des Québécois répondirent que « oui ». En fait, le Québec ne dispose d'aucune loi sur le port obligatoire du casque de vélo. Les réponses affirmatives à cette question laissent présager que les Québécois accepteraient une telle loi.

Compte tenu de leur nature subjective, on doit soigneusement élaborer des sondages d'opinion en pesant les mots et en faisant montre de prudence lorsqu'on tire des conclusions. Il est ressorti d'une enquête du CCS, que 65 % des répondants étaient d'avis que les lois sur la conduite avec facultés affaiblies au Canada n'étaient pas suffisamment sévères. Il est également de cette même enquête qu'on ne connaissait pas suffisamment la loi et qu'on entretenait des idées fausses sur sa mise en application (Prévention au Canada, janvier 2001). Or dans un tel contexte, les résultats confirment qu'on devrait accroître la sensibilisation de la population, ainsi que la formation, et non se doter de lois ayant plus de dents.

L'étendue ou la nature des questions peuvent laisser miroiter des fausses idées. À titre d'exemple, il est ressorti d'une enquête s'intéressant uniquement aux conducteurs de camion que la somnolence était un important sujet de préoccupations. À titre comparatif, une autre enquête qui ne précisait pas le type d'usager de la route permit de constater que la population se faisait du souci à propos de la somnolence pour tous les conducteurs .

Jumelées à de l'information factuelle et à de solides recherches, les enquêtes peuvent jouer un rôle important dans le domaine de la sécurité. Une enquête peut, par exemple, permettre d'établir une référence en matière d'attitudes et de comportements déclarés, afin de mieux cibler les efforts. À titre d'exemple, notre récente enquête évoqua les principales « raisons » pour lesquelles on ne porte pas de casque, et sur lesquelles les campagnes de sécurité pourraient porter. Les enquêtes nous permettent entre autres de chiffrer un problème caché, tel que les conducteurs somnolents. Même si on fait souvent appel aux enquêtes pour prendre le pouls du climat politique, on peut également y avoir recours pour prendre le pouls de la population relativement aux lois sur la sécurité. Malgré le tollé contre la mise en application du radar photo, il est ressorti d'une enquête du CCS que les Canadiens étaient fortement en faveur du radar photo, alors qu'un faible pourcentage était fortement en désaccord. Les hommes et femmes politiques ne devraient donc pas craindre de perdre leur siège s'ils donnent le feu vert à l'installation de caméras aux feux rouges (Prévention au Canada, avril 2001).

Pour terminer, les résultats des enquêtes méritent d'être signalés dans les nouvelles. En attirant l'attention des médias, les enquêtes nous donnent l'occasion de sensibiliser davantage la population à la sécurité.

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Prévention au Canada
(juillet 2002)

© 2002 Conseil canadien de la sécurité