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Accueil > Nouvelles > Vol. XLVI, No 2. Avril, 2002  


Dossier du président

C'est en décembre 2001 que l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) rendit public son rapport sur les accidents mortels sur la route. Selon ce rapport, le Canada a le meilleur dossier de sécurité routière depuis vingt ans.

En effet, les décès de la route au Canada ont chuté de 47 % durant la période allant de 1980 à 2000, et ce malgré la hausse phénoménale du nombre de véhicules et de conducteurs. (Durant cette même période, le nombre de véhicules a fait un bond de 48%, alors que le nombre de titulaires d'un permis de conduire s'est accru de 37 %.) Seuls trois pays membres de l'OCDE ont fait plus de progrès, à savoir l'Autriche et la Suisse, dont le taux s'est replié de 51 %, et l'Allemagne dont le taux s'est replié de 50 %. Le taux moyen pour l'ensemble des pays de l'OCDE s'établissait à 20 %.

Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Norvège affichent les taux d'accidents mortels sur les routes les plus bas, soit moins de 7 % par tranche de 100 000 habitants. Au Canada, où on compte un nombre nettement plus élevé de propriétaires de véhicules, le taux d'accidents mortels sur les routes est de 10 % par tranche de 100 000 habitants. La moyenne pour l'ensemble des pays de l'OCDE est de 12,5 morts pour 100 000 habitants.

Les données de l'OCDE ne mettent pas en corrélation le nombre de décès de la route avec le nombre de kilomètres parcourus. Selon une récente étude de Transports Canada, les Canadiens parcourent annuellement 475 milliards de kilomètres ; autrement dit, le titulaire de permis de conduire moyen parcourt chaque année plus de 23 000 km. Impossible que les Européens parcourent de si longues distances.

Si on tenait compte du nombre de kilomètres parcourus, le Canada serait probablement en tête de liste du palmarès de la sécurité routière. Notre impressionnant dossier de sécurité vient confirmer l'efficacité de nos lois. On n'a qu'à penser au nombre de conducteurs en état d'ébriété qui s'est replié. En 1980, la moitié des conducteurs ayant trouvé la mort sur la route avait un TA supérieur à la limite légale ; 20 ans plus tard, soit en 2000, on ne comptait que le quart des conducteurs qui conduisaient sous l'emprise de l'alcool du point de vue de la loi. Au nombre des autres principaux facteurs ayant contribué à cette histoire à succès du Canada, il convient de mentionner le taux élevé du port de la ceinture de sécurité, les véhicules plus sécuritaires, le comportement des conducteurs et les campagnes de sensibilisation de la population.

Mais si nous désirons faire d'autres progrès, nous devrons donner plus de dents à nos lois existantes, au lieu d'en adopter d'autres. On a qu'à penser à la loi interdisant l'usage du téléphone cellulaire, alors qu'on dispose déjà de lois sur la conduite dangereuse. Depuis 1994, le nombre d'accidents mortels a diminué de 10 %, tandis que le nombre de cellulaires a quintuplé pour s'établir à plus de 10 millions. Ces constats viennent prouver que l'adoption d'une nouvelle loi ne s'impose pas.

Le rapport de l'OCDE attribue notre bilan routier reluisant à l'usage d'outils de mise en application de la loi de haute technologie, tels que le radar photographique et les caméras au feu rouge, dans les pays membres. Par contre, plusieurs provinces canadiennes ont hésité à adopter ces technologies. Quoique les conducteurs qui brûlent un feu rouge pourraient représenter jusqu'à 200 décès et 13 000 blessures par année, certains hommes et femmes politiques entretiennent toujours des doutes sur les caméras au feu rouge. L'acceptation universelle d'outils de mise en application de la loi électroniques permettrait au Canada de faire encore plus de progrès.

En tant que Canadiens, nous devrions être fiers de toutes les mesures que nous avons prises pour devenir un chef de file mondial au chapitre de la sécurité routière. Notre modestie nous empêche toutefois de le dire tout haut.

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Prévention au Canada (avril 2002)

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