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Accueil > Nouvelles > Vol. XLIV, No 2, avril 2000 > Les blessures dans la LNH  

Les blessures dans la LNH soulèvent des préoccupations

Les mordus du hockey en ont plein la vue

  • Le 29 janvier - Trent McClearly, un joueur d'avant du Canadien de Montréal, bloqua un tir et se blessa grièvement à la gorge. Il reposa ensuite entre la vie et la mort. Il ne portait pas de protège-gorge.
  • Le 21 février - Mark McSorley arriva derrière Donald Brashear et lui administra un coup de bâton à la tête. M. Brashear s'effondra sur la glace et perdit son casque. Sa tête heurta la glace à plusieurs reprises. Diagnostique : une commotion cérébrale.
  • Le 11 mars - Bryan Berard, des Maples Leafs de Toronto, risque de perdre l'usage de son oeil droit après avoir reçu un coup de bâton. Cela viendra probablement mettre un terme à sa carrière de hockeyeur. M. Berard ne portait pas de visière.

L'intransigeance de la LNH face à l'équipement de protection préoccupe le Conseil canadien de la sécurité depuis belle lurette.

Finiront-ils par apprendre ?

Peu importe la ligue de hockey dans laquelle on joue, le port de l'équipement de protection devrait être obligatoire. C'est ce que soutient Emile Therien, président du Conseil canadien de la sécurité, et père de Chris Therien, un joueur de la LNH.

Tout est arrivé en une fraction de seconde. Le samedi 29 janvier, Trent McClearly, un joueur du Canadien, bloqua un tir du défenseur Chris Therien des Flyers de Philadelphie. Il reposait entre la vie et la mort pendant un certain temps, mais est maintenant hors de danger. Par contre, avec un larynx fracturé et un poumon collabé, notre hockeyeur aura une longue et douloureuse période de convalescence.

Inutile de vous dire que ma famille et moi avons passé une nuit et un matin pénibles en attendant des nouvelles de l'état de Trent McClearly. Quant à mon fils Chris qui lança la rondelle qui a failli causer une tragédie, il était hanté par le remords et ne pensait qu'au pire.

Est-ce que cette blessure auraient pu être évitée ? En vertu des règlements de l'Association canadienne de hockey (ACH), le port du protège-gorge est obligatoire chez les joueurs des ligues de hockey mineures. Il n'existe aucun règlement semblable dans la Ligue nationale de hockey (LNH). En effet, la LNH n'oblige même pas ses joueurs à porter une visière, malgré le fait que les joueurs professionnels représentent 95 p. 100 de toutes les blessures aux yeux et au visage nécessitant des soins médicaux. M. McClearly, qui s'était déjà blessé aux yeux, portait une visière.

On compte plus de quatre millions de Canadiens qui jouent au hockey. Des hommes et des femmes de tout âge s'adonnent à ce sport sur des surfaces glacées louées, des patinoires communautaires non réglementées, sur des étangs, voire dans les rues. Les amateurs adultes représentent 85 p. 100 des joueurs de hockey de plaisance.

À la fin des années 1970, l'ACH rendit obligatoire le port d'un casque et d'une visière homologués par l'Association canadienne de normalisation (CSA) pour toutes les ligues de hockey mineures. En 1981, la Ligue canadienne de hockey (LCH) adopta la même règle pour tous les joueurs de hockey dans les ligues junior. Toutefois, seulement la moitié des hockeyeurs au Canada font partie de l'ACH ou de la LCH. Tous les autres hockeyeurs ne sont pas tenus de se conformer aux règlements sur le port d'équipement de protection individuelle.

Le port du casque et de la visière n'est pas obligatoire pour la plupart de hockeyeurs adultes récréatifs. Cela ne veut toutefois pas dire que ces hockeyeurs sont à l'abri des blessures. On peut prévenir la plupart des blessures en portant l'équipement de protection, et ce sans se priver du côté agréable et amusant de ce sport.

Les statistiques démontrent clairement que le port d'équipement de protection permet de prévenir les blessures aux yeux. Lors de la saison de hockey 1974-1975, avant que le port du masque ne devienne obligatoire chez les joueurs de hockey des ligues mineures, on dénombrait 258 blessures aux yeux, dont 43 qui ont occasionné la perte de vue ; 14 ans était l'âge moyen d'un joueur ayant subi une blessure aux yeux. Durant la saison de 1992-1993, seulement 31 joueurs ont subi une blessure aux yeux, dont quatre ont perdu l'usage d'un oeil. L'âge moyen d'un joueur ayant subi une blessure aux yeux passa à 33 ans. Durant la saison de 1996-97, on enregistra seulement 12 blessures aux yeux, dont trois qui ont occasionné la perte de vue.

Si les joueurs des ligues mineures d'aujourd'hui comptaient autant de blessures sérieuses aux yeux que dans les années 1970, ça engendrerait un tollé général. Hormis les questions de responsabilité et d'assurance, je doute que les parents voudraient exposer leurs enfants aux dangers du hockey. Cela amenuiserait d'autant plus sérieusement le nombre de joueurs talentueux pouvant accéder aux ligues professionnelles.

Malgré le risque, certains hockeyeurs professionnels se refusent à porter la visière. Leur excuse ? Ils soutiennent que la visière a pour effet de gêner la vue et leur performance (sans parler du fait que la perte d'un oeil est une invalidité à vie !)

Le fait que les ligues majeures n'aient pas rendu obligatoire le port d'une visière bat en brèche le bon sens et donne un très mauvais exemple à la population. Non seulement la LNH devrait-elle prendre des mesures pour rendre obligatoire le port de la visière, mais elle devrait également songer sérieusement à rendre obligatoire le port du protège-gorge. Aujourd'hui, le port du protège-gorge est seulement obligatoire pour les gardiens de but. Cela devrait servir d'exemple à tous les autres joueurs.

Le port de l'équipement de protection homologué par la CSA est définitivement une source de préoccupations chez les professionnels de prévention des blessures, les professionnels de la santé, les organismes de la sécurité et d'autres. Les propriétaires et les hockeyeurs doivent faire front commun pour s'attaquer à cet important problème de sécurité publique.

La probabilité qu'un autre incident comme celui de Trent McClearly se reproduise est mince. Néanmoins, avec la mentalité de nos jours, une équipe finira par perdre un joueur. Si les ligues professionnelles ne veulent pas offrir la meilleure protection à leurs joueurs, elles sont aux prises avec un gros problème.

Comment, The Globe and Mail, le mardi 1er février 2000

Le casque de M. Brashear

Le 21 février, le casque de Donald Brashear se détacha lorsqu'il reçut un coup de bâton derrière la tête. Il perdit connaissance et sa tête heurta la glace à plusieurs reprises. Il fit une commotion cérébrale. Les médias ont souligné à juste titre la violence gratuite et déplacée dont Marty McSorley avait fait montre lors de l'attaque.

Le Conseil canadien de la sécurité soutient que les blessures subies par M. Brashear soulèvent d'autres questions sérieuses. Est-ce que sa tête était bien protégée ? Son casque, était-il correctement attaché ? Était-il conforme aux exigences de sécurité ? Ou s'agissait-il d'un casque non sécuritaire que portent de nombreux joueurs dans la Ligue nationale de hockey ?

La blessure à l'oeil de M. Berard

Il n'y a jamais eu dans l'histoire du hockey, un joueur portant une visière qui s'est blessé à l'oeil, affirme l'ophtalmologiste des Maple Leafs de Toronto. Le Dr Rob Devenyi, qui a prodigué les soins à Bryan Berard après que ce dernier s'était blessé à l'oeil le 11 mars, croit que tous les joueurs devraient porter une visière.

Une conclusion manifeste

Le port de l'équipement de protection ne semble pas être une priorité chez certains joueurs de la LNH. En septembre 1994, la LNH stipula que tous les joueurs devaient porter uniquement les équipements homologués par la CSA. La Ligue n'approuverait pas le port d'équipements non homologués.

Le bon port de casques et de visières homologués par la LNH permettrait de réduire le nombre de blessures graves aux yeux et à la tête chez les hockeyeurs professionnels.

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